UNE NUIT A GAZA

Extrait du roman

couverture Paris-Bangkok - les éditions Cinq-Cygne - éditions numériques
quatrième de couverture du roman Paris-Bangkok

Une épaisse fumée lui brûlait la gorge, remplissant lentement ses poumons. Il jeta son mégot de cigarette sur le trottoir et l’écrasa sous sa botte. Puis il inséra un chargeur neuf dans son fusil automatique, s’installa sur la banquette arrière d’un 4x4 blindé et claqua la porte.

– Vous êtes nouveau ici ? demanda l’homme assis derrière le volant, regardant le passager dans le rétroviseur. 

L’homme hocha la tête.

– D’où exactement ?

– J’ai été transféré de l’école de pilotes de char d’assaut.

– Pas de chance, mon vieux, s’esclaffa le pilote.

– La chance n’a rien à voir là-dedans. J’ai moi-même demandé ce transfert.

– Comment ça vous-même ? (surpris, le conducteur regarda dans le rétro les yeux du passager). C’est quoi, ce bordel !

– Ça vous surprend que les gens puissent choisir leur propre affectation ?

– Non, mais je suis plutôt surpris du choix que vous avez fait ! Le chauffeur eut un petit rire en examinant les épaulettes du passager. Êtes-vous commandant de char ?

– Ouais. Mon nom est Yohai. Et vous ?

– Quelle différence ça fait ? répondit le conducteur du véhicule. Donc, vous devez être le remplaçant de Pinsker.

– Je suppose... Je ne sais pas vraiment. Qu’est-ce qu'il lui est arrivé ?

– Un imbécile né ! Combien de fois ils l’ont averti de ne pas s’exposer ! Et qu’est-ce qu'il fait cet idiot ? Il monte sur son tank et regarde par-dessus la clôture en appréciant le paysage comme un touriste suédois. C’était couru, un pêcheur palestinien se l’est fait.

– Qu’est-ce que c'est, un pêcheur palestinien ? De l’argot du coin ?

– C’est comme ça qu’on appelle les tireurs d’élite ici. Parce que c’est comme à la pêche, tu règles ton viseur optique – comme tu le ferais avec un hameçon – et t’attends que le premier imbécile expose sa bonne bouille.

– Je vois, murmura Yohai tout en écrivant la nouvelle expression dans son carnet. Et comment l’histoire s’est terminée ?

– Ici, pas de happy end, annonça tranquillement le conducteur, reproduisant avec un geste de frisson le sinistre bruit de la balle perçant la chair. Les gars l’ont extirpé du tank, placé sur une civière puis dans un hélicoptère. Maintenant, il se remet à l’hôpital – état stable. Tout l’avant-poste était choqué ce jour-là ; on s’était tous précipité pour couvrir le périmètre mais le tireur était déjà loin, disparu dans un nuage de poussière.

Leur conversation fut interrompue par l’ouverture de la porte du passager avant. Le commandant du bataillon entra dans la jeep et regarda Yohai :

– Vous êtes prêt ?

– Affirmatif.

 

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