PARIS-BANGKOK

Extrait du roman

couverture Paris-Bangkok - les éditions Cinq-Cygne - éditions numériques
quatrième de couverture du roman Paris-Bangkok

 

​Robert, un arnaqueur professionnel travaillant pour la mafia locale de Bangkok, s’adresse à Muffin, son "stagiaire" qui le seconde dans ses activités illicites. Au quotidien, ils tentent tout les deux de convaincre des touristes français d’acheter des bijoux qui se révèlent par la suite être des faux. Dans cet extrait, Robert évoque devant Muffin celui qui l’a formé à son arrivée dans la capitale thaïlandaise, à savoir Jésus:​​

« …Comme Jésus qui m’a formé à mes débuts… Un gars de Paris, un germanopratin égaré, un existentialiste qui aurait pris le charter de trop… Un petit Sartre sous camisole tropicale. Je lui dois tout… paix à son âme! Toujours très professionnel, un vrai artisan… avec l’amour du métier, du travail nickel ; un esthète, on a beau dire, de la vieille école… Il faisait les choses pour la beauté du geste, l’amour de l’art, il avait ça dans le ventre. Et bien lui, il m’a répété pendant un an ma leçon, ce que je devais faire dans chaque situation. A la fin, c’était un peu lourd de l’entendre me répéter méthodiquement les mêmes phrases. Il ne voulait pas que je fasse d’erreurs. Il savait que toute bourde est une faute grave dans ce métier et qu’elle peut vous retomber dessus puissance dix, qu’il ne faut pas déconner avec ce genre de choses. Notre job ressemble à celui des démineurs, sauf que nous, les bombes, on les pose et qu’elles peuvent à l’occasion nous déchirer la face, voire nous hacher menu...

​​Ceux qu’on entube -NE L’OUBLIE JAMAIS- ne sont pas tes amis, me répétait tout le temps Jésus. Ils n’ont rien fait pour toi et, en temps normal, s’ils te croisaient dans leur ville et que tu étais un mendiant leur faisant l’aumône, ils te cracheraient au visage… Ou pire, certains se ramèneraient avec leur maudite pitié pour te filer un billet…

Je hais la pitié ! C’est une vieille dame qui s’habille en princesse !

​​

Ah ! C’était un poète parfois, le Jésus, c’est peut-être ça qui l’a perdu. Il lisait tout le temps. Je me rappelle : on allait dans ce bar assez calme où on s’allongeait sur des tapis. Pendant que je sirotais des bières, il lisait son bouquin du jour. Qu’est-ce qu’il pouvait bien trouver dans ces livres ? J’lui demandais. Un jour il a fermé son livre et il m’a répondu tranquillement en me fixant dans les yeux.

« C’est un peu comme les pierres précieuses qu’on refourgue, il y en a beaucoup de fausses, mais parfois, dans la vitrine, tu trouves par hasard un rubis étincelant. »​

 

Il avait le sens des phrases ! Mais n’oublie pas qu’on est peu de choses, qu’on l’a retrouvé la gueule défoncée, le corps gonflé dans un cours d’eau. Maudit klong !

Les phrases, elles peuvent pas toujours t’aider...

C’est traître, l’éducation ! »​

  

 

 

 

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